Décryptage : GHG Protocol LS&R et implications sur votre stratégie de décarbonation

Les entreprises sont de plus en plus amenées à réaliser des inventaires d’émissions de gaz à effet de serre (GES), notamment dans le cadre des standards internationaux de reporting (CSRD, CDP), mais également pour les organisations souhaitant s’engager dans une trajectoire de décarbonation alignée avec la SBTi. Dans ce contexte, la maîtrise des référentiels méthodologiques devient un enjeu clé.

Publication

Juil 2026

Le GHG Protocol est la norme internationale de référence la plus largement utilisée par les entreprises pour réaliser leur inventaire annuel d’émissions de gaz à effet de GES. Il est également incontournable pour toute entreprise souhaitant définir des objectifs validés par la SBTi.

Dans la continuité de notre livre blanc portant sur les exigences SBTi FLAG (disponible ici), nous continuons notre décryptage sur les standards carbone incontournables pour les entreprises du secteur Agrifood, avec la publication de notre livre blanc dédié au décryptage du GHG Protocol « Land Sector and Removals » (LS&R).

Le standard LS&R précise les règles de comptabilisation des émissions et absorptions liées aux activités agricoles, forestières et aux usages des terres, y compris les solutions de captation et de stockage du carbone technologiques.

Il structure les inventaires autour de quatre compartiments :

  • les changements d’usage des terres,
  • la gestion des terres,
  • les produits biosourcés,
  • et, de manière optionnelle, les absorptions de carbone.

Une partie de ces émissions et absorptions est intégrée dans l’inventaire FLAG (Forest, Land and Agriculture) utilisé dans le cadre des trajectoires de décarbonation de la SBTi.

Les méthodologies de calcul de facteurs d’émission et du stockage de carbone dépendent du niveau de traçabilité des données relatives aux biens et services achetés ou vendus en amont et aval de l’entreprise. Pour l’amont agricole, le niveau de traçabilité dépend de la capacité à identifier et suivre précisément les terres ou unités de production impliquées dans la chaîne d’approvisionnement (parcelle, exploitation, région d’approvisionnement, état, ou bien aucune traçabilité).

Même avec un niveau de traçabilité restreint, l’entreprise peut estimer des facteurs d’émission caractéristiques. La méthode de calcul dépendra toutefois du niveau de traçabilité des données, et s’appuie sur des modèles de chaînes de traçabilité [1]: Segregated, Controlled blending, et Mass Balance.

Le GHG Protocol LS&R fournit des recommandations concernant le claim[2] des crédits carbone, qu’ils soient générés au sein de la chaîne de valeur de l’entreprise ou achetés auprès de projets externes.

Le standard apporte également des précisions sur les règles d’allocation du gain carbone de la rotation à l’échelle des cultures pour l’articulation des mécanismes de financement : il recommande en priorité d’utiliser des règles reconnues par le gouvernement local. Pour la France, les règles d’allocation à utiliser seront a priori celles développées dans le cadre du comité de rédaction du Label Bas Carbone, et qui devront être publiées automne 2026.

Depuis la finalisation de cette publication, le GHG P LS&R a publié des éléments de guidance complémentaires. Nous y reviendrons dans une prochaine publication afin d’en proposer un décryptage.

[1] La « chaîne de traçabilité » (chain of custody) désigne l’ensemble des règles et mécanismes permettant de suivre, tout au long de la chaîne de valeur, l’origine, les flux et l’attribution des matières premières, produits ou attributs environnementaux.

[2] La façon dont une entreprise peut revendiquer les gains carbone issus d’un projet carbone ou de l’achat de crédits carbone, si elle peut les comptabiliser dans son inventaire d’émissions pour atteindre une cible de décarbonation ou non.

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Voir aussi